Les peintures de la chapelle

La fresque vers laquelle les yeux se dirigent dès l'entrée, oeuvre capitale du nouveau temple, que compose avec quel sens liturgique et combien chrétiennement averti, le grand peintre religieux, Maurice DENIS.



 

Dans un ciel clair où flottent quelques nuages rosés, dans un cadre de montagnes aux silhouettes familières, le CHRIST EN CROIX avec son coeur brûlant dont le reflet auréole la couronne d'épines, le visage et la main de la Vierge qui implore Saint-Jean debout, puis la foule qui se presse en une longue frise que dépassent à peine, à gauche et à droite du calvaire, deux prêtres dans leur rôle sacerdotal : sujet classique, interprété ici de façon très personnelle et ordonnée, en une composition pyramidale, merveilleusement équilibrée.



 

La main droite de la vierge, éclairée par le reflet du coeur, semble mendier les grâces que sa main gauche, tendue vers la foule, transmet à ceux qui l'implorent, par le ministère des prêtres dont l'un prêche et l'autre distribue la sainte communion.



 

Laïcs, prêtres, religieux, vierges, enfants qui composent la foule, représentent l'humanité chrétienne qui s'adresse à Marie pour en obtenir la grâce. Un évêque figure la hiérarchie ; une savoyarde en « frontière », la petite patrie qu'est la province ; des enfants de Marie en voile blanc, quelques pensionnaires en uniforme y rappellent la destination de la chapelle.

 

Un blessé, un soldat, une infirmière, les heures tragiques où elle fut construite ; des Soeurs de la Charité qui s'empressent auprès des malades ou accompagnent des enfants, les oeuvres auxquelles se dévouent les filles de Sainte-Jeanne-Antide autour de laquelle elles sont groupées. Enfin, une visitandine nous rappelle que nous sommes au pays de Saint-François de Sales.



 

Au pied de la Croix, une famille, cellule de l'Eglise et espoir de l'avenir, tient un rôle central. Enfin, comme les artistes d'autrefois dont il garde la tradition d'art chrétien, Maurice DENIS s'est représenté dans un coin, à gauche de son oeuvre.



 

Dans ce que l'on pourrait appeler le péristyle de l'abside, trois sujets tirés de l'Evangile, rapportent les trois épisodes où la vierge se montre particulièrement MEDIATRICE ici-bas : l'ANNONCIATION, CANA, LA VISITATION.



 

Entre les médaillons que représentent des scènes en teintes douces avec des reflets transparents et beaucoup de naïve fraîcheur, sont réunis en deux groupes puissants, les THEOLOGIENS qui parlèrent plus spécialement de MARIE MEDIATRICE dans leurs écrits : BOSSUET, SAINT-THOMAS D'AQUIN, SAINT-EPHREM, SAINT-AUGUSTIN, SAINT-BERNARD, GERSON, SAINT-PIE X…