L'Enseignement Assisté par Ordinateur "EAO"

au Collège Sacré-Coeur

Philosophie de l'EA0

L'enseignement se trouve confronté depuis quelques années à une évolution qui a tout d'une révolution. Les changements dans le mode de vie des parents (qui souvent ont tous deux un emploi), des grand-parents (plus alertes, plus autonomes et de ce fait moins disponibles pour leurs petits-enfants). 

 

La "télé-nounou", le stress ambiant, ont entraîné des transformations dans le psychisme des enfants et donc dans leur comportement aussi bien social qu'intellectuel.

 

Tout ceci pour vous dire que l’école de grand-papa fondée sur la continuité, voire la pérennité des connaissances et de leur transmission, cantonnant l'élève dans le cadre étroit du psittacisme ("j'apprends et je répète fidèlement"), l'enseignant dans son rôle de magistère seul détenteur du savoir, tout cela à l'intérieur d'un monde clos et séparé de la réalité environnante, cette école-là a vécu.

Elle n'a plus le choix : 

  • soit elle s'adapte aux nouvelles conditions qui lui sont imposées,
  • soit elle devient école-musée et ses enseignants des fossiles.

Le Collège Sacré-Cœur pour sa part a choisi de s'adapter et mieux de précéder cette mutation afin de bien la gérer et ne pas commettre l'erreur si répandue qui consiste à oublier que derrière la partie visible de ces technologies (ordinateurs, réseaux...) se trouve l'homme et que la machine n'en est que l'expression.

Un peu d'histoire

Les premiers ordinateurs ont commencé à infecter le Collège Sacré-Coeur dès 1988, dans leur version Macintosh. L'endémie, latente pendant quelques années, a soudain connu un développement rapide dès la rentrée 1996 et s'est même transformée en épidémie avec l'apparition dans nos murs du virus Internet.

 

A l'origine du fléau, le logiciel Hypercard, bien connu des "Macintoshomanes" qui permet à des non-spécialistes de développer sans trop de douleur des didacticiels. Un, puis deux, puis quatre professeurs, dans des matières aussi diverses que le français, les maths et l'anglais, ont ainsi entraîné leurs élèves qui ont eux-mêmes poussé quelques-uns de leurs professeurs à rejoindre le lot des contaminés. Et si tous n'élaboraient pas les programmes, de plus en plus nombreux étaient ceux qui les utilisaient.

 

Et ainsi, ce qui n'était que la manière (sinon la manie) d'enseigner de quelques-uns est aujourd'hui devenue un des points forts du projet d’établissement.

Pourquoi le choix de l'ordinateur dans l'enseignement ?

Cela revient à se poser la question : "pourquoi le choix de la voiture ou du téléphone ?".

 

Même si la France est l'un des pays développés le moins engagé dans la communication via Internet et le multimédia, ses enfants y seront immergés et déjà, en ressentent le besoin. Ce sont les meilleurs ambassadeurs des nouvelles technologies.

 

« Les élèves, en contact fréquent avec ces outils, hors de l’école, ne peuvent plus être ramenés à ces situations d’apprentissage complètement décalées par rapport à la réalité ambiante ».

 

L’ordinateur est-il bien adapté à l’enseignement ?

Au-delà de l’aspect inéluctable de son utilisation, les atouts de l’ordinateur en tant qu'auxiliaire d’enseignement sont multiples.

Il offre à l’élève la possibilité de travailler individuellement à l’intérieur d’un cours collectif, profitant ainsi de ces deux pôles. Le travail sur ordinateur est complémentaire du travail oral fait avec toute la classe et du travail individuel fait sur le cahier d’exercices.

 

Les avantages du cours collectif

Comme dans n'importe quel cours au sein de la classe traditionnelle, l'élève peut bénéficier des explications et consignes données par l'enseignant ; il peut échanger avec ses camarades et leur faire part de ses découvertes ; il peut aussi, et c'est là le rôle social de la classe, apprendre à vivre avec les autres, à tenir compte de leurs différences et ainsi à réaliser que l'autre est plus qu'un autre soi-même.

 

Les avantages du cours individuel

Le travail individuel et personnalisé permet à chacun de travailler à son rythme, lent ou rapide, de choisir les travaux adaptés à son propre niveau actuel, à ne faire que ce qu'il ne maîtrise pas bien sans s'attarder sur ce qu'il a déjà intégré ou au contraire à refaire à volonté ce qui lui pose problème.

 

L'aide apportée par le professeur s'adresse à l'individu et non au groupe ; il peut apporter son soutien à tel ou tel sans faire perdre leur temps à ceux qui n'en ont pas besoin.

La correction est elle aussi personnalisée. L'ordinateur ne corrige que l'erreur de l'utilisateur et les enseignants constatent chaque jour qu'un enfant s'intéresse surtout à ce qui le concerne directement. Son univers est plus immédiat que celui de l'adulte, dans l'espace et dans le temps : il aime avoir une réaction ou une réponse directe à ses questions ou erreurs. 

Par rapport à un travail sur cahier d'exercices, la correction est immédiate.

Sur un cahier, l'enfant peut très bien donner directement la réponse sans réfléchir, et sans passer par un raisonnement. Il n'a ensuite qu'à attendre la correction.

 

Le programme sur ordinateur peut être conçu de telle manière que l'élève ne puisse pas donner la solution, ni même passer à l'étape suivante, avant d'avoir résolu le problème présent. Il apprend donc à suivre un cheminement, à observer, à déduire.

Il participe activement et avec tout son être, mettant en jeu ses capacités visuelles, auditives, mais aussi kinesthésiques. 

 

Nous avons constaté que ces mêmes élèves qui fuyaient le cours collectif en rêvassant ou en s'amusant, exécutent volontiers toutes les tâches qui leur sont imparties.

L’élève se retrouve dans une situation proche de celles de la vie réelle, dans lesquelles l'erreur n'est pas une "faute", mais fait partie de l'apprentissage : "c'est en se plantant qu'on prend racine" dit l'adage. 

Dans la vie réelle également, la précision est souvent primordiale et pas plus le mécanicien que le chirurgien ne peut se contenter d'à-peu-près. Nous concevons nos programmes de telle manière que ne soient acceptées que les réponses exactes.

 

Une évolution dans les relations

L'élève est en relation avec la machine d'une part et avec le professeur d'autre part.

L'élève a tendance à personnifier son ordinateur et il établit avec lui une relation plus profonde qu'il n'y paraît. "Il m' a dit que j'ai fait une erreur" entend-on fréquemment. Et c'est un interlocuteur d'une patience à toute épreuve !

Mais c'est avec le professeur que l'évolution des relations est la plus intéressante : d'empêcheur de "s'amuser en ronde qu'est souvent le professeur de cours magistral, il devient celui dont on a besoin à qui l'on a recours, qui aide et conseille, le rôle ingrat de "celui qui cadre et limite, et éventuellement note ou juge" étant dévolu à l'ordinateur.

 

Quelle école pour aujourd'hui ?

Pourquoi l'école serait-elle toujours synonyme d'ennui, de lutte et de révolte ?

 

Oui, l'effort est indispensable à la réussite, mais l'effort-émulation (l'enfant a envie de "battre l'ordinateur") plutôt que l'effort-contrainte.

 

Oui, il faut que l'élève sache se concentrer, mais dans l'aisance parce qu'il est actif.

 

Oui, il faut de la motivation, mais elle n'existe que si l'enfant réussit parce que la tâche est à SA portée et non à celle du groupe.

 

Oui, il faut évaluer, mais à condition que l’évaluation permette de distinguer le travail, la compréhension, le niveau… et soit un instrument de progression.

 

Oui, il faut que l’enfant se socialise, apprenne à vivre avec les autres, à un rythme autre que le sien, mais il a pour cela besoin de temps et d’un médiateur : l’ordinateur, piloté par le concepteur des programmes, pourrait bien être amené à tenir ce rôle.

 École et Collège Sacré Coeur

1, place de Crête

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